samedi 26 décembre 2009

Koto Hajime

Le 13 Décembre, à Kyoto, il y avait le Koto Hajime, une journée pendant laquelle les maiko et geiko vont rendre visite à leur professeur en leur amenant des gâteaux de riz pour célébrer la fin de l'année. Autant dire que c'est aussi une bonne occasion de prendre de belles photos de maiko et geiko et que pour cette raison, tout Gion était un peu bondé. Démonstration:

Tout ça pour attendre que les petites maiko arrivent, et à la moindre approche un tonnerre de photos et de flashs se déclenchent (certains étaient meme assez préparés et avaient apporté des escabeaux pour se placer plus haut et prendre de meilleures photos...ils sont malins les gens). C'était une excellente occasion de voir les maiko en tenue de travail et en tenue de repos, la différence est assez impressionnante:

(et aussi de voir une concentration de maiko plus que sidérante!)


Sur cette photo, on peut appercevoir des maiko (avec les longs obi=ceinture de kimono) et des geiko, qui ont une ceinture plus courte et une coiffure différente. Pour mieux voir une geiko, se référer à cette photo-là:
Allez et une dernière pour la route, pour profiter du décalage "entre modernité et tradition" qui a donné son nom à ce blog:

Maikos et Geikos traversant une des routes les plus fréquentées de Kyoto (enfin que je connaisse ^^") Impressionnant car de jour, mais on peut voir ce genre de spectacles tous les soirs ici. Mouaif, je sens qu'en rentrant, ça va vite tourner en "rendez-moi mes maikos!" ^^

jeudi 24 décembre 2009

Réveillon!

Non, je ne suis pas encore morte! Le Japon ne m'aura pas! Les essais et les cours, c'est un tout autre problème néanmoins...bref juste un petit billet avant d'aller me coucher (non je n'oublie pas les cours d'histoire que je vous dois, je fais juste le tri des photos à mettre!) pour raconter ce que j'ai mangé (palpitant, n'est-ce pas?!).

Alors une entrée excellente, fournie de France par la famille de Julia: petite caille farcie au foie gras sur toats (avec la tete d'hello kitty dessus mais chut on fait avec ce qu'on a!) avec des fraises! J'adopte totalement les fraises en hiver!! C'est boooon! Bref, très fin, très...français! La suite l'était moins...

On a enchainé avec un plateau de sushi, thon, maquereau, pieuvre (ou calamar? je sais jamais), oeuf, crevette...tout ça en regardant un documentaire à la télé sur le mode de fabrication des décorations du Nouvel An (des trucs de dingue d'ailleurs!)...A les miracles de la télé japonaise mériteraient un autre article à eux tous seuls, je pense que ça viendra!

Bon autant dire que après caille et sushis, j'étais plus que repue donc nous avons fini en beauté avec des namagashi, patisseries typiquement japonaises et trop super bonnes (enfin je trouve, bien qu'elles ne soient pas aux gouts de tout le monde) qui sont toujours en forme de fleurs ou fruits de saison...Bref un réveillon culinairement mixte, et un réveillon télé très amusant!
(et étant dans le futur par le décalage horaire, je vais me dépécher d'aller dormir pour que le père noel passe déposer les cadeaux sur mes tatamis! Meme à l'autre bout du monde, certaines choses ne changent pas!)

Ah et sur une autre note, je vais tenter pendant toutes ces vacances de me tenir au rythme de un article par jour, peut-etre aussi pouvoir le faire pendant les périodes de cour, on verra! Sur ce, Joyeux Noël!

vendredi 23 octobre 2009

Que le soleil est beau sur Kyoto!

L'automne est là, et bien installé...Enfin pas encore tout à fait, ce n'est pas encore la saison des érables rouges ici à Kyôto....Mais d'ici une à deux semaines, les collines devraient se colorer de rouge et de jaune...Mais en attendant, seules les feuilles précoces sont bien rougies, et dans l'ensemble la nature reste verte, le ciel bleu et le soleil chaud. Profitons-en, le temps de Kyôto est réputé pour se dégrader rapidement...Alors quand on a le temps faut sortir...Mais où? J'aurai pu aller dans un temple, à la terrasse d'un café, sur les bords de la rivière...Oui mais non, le lunid, j'ai rendez-vous avec Sayuri, qui étudie le français, et on travaille un peu nos langues repectives (et expliquer la grammaire française, c'est pas toujours évident.) Donc j'enfourche mon petit vélo, et je me rends vers Doshisha, une autre université de la ville, où le rendez-vous est prévu pour 15h. J'arrive en avance, je veux profiter des alentours. Je profite que les gens mangent pour éviter la cohue sur les trottoirs, je m'arrête un instant à révasser sur le point qui enjambe la rivière Kamo, je regarde les collines qui s'étendent au nord (c'est Feng-Shui, et c'est pas des conneries ^^).

La vue est paisible...comme toujours. Mais on continue, on traverse le pont et on arrive devant Doshisha.

Jolie université...Mais arrêtons-nous dans le parc juste devant...J'ai une heure d'avance alors bon...


Oui...Les gens donnent l'échelle...Bienvenue à Gosho...Le parc entourant le palais impérial de Kyôto! On sait choisir ses lieux de villégiature ou pas! On se cale donc sur un banc, on lit un peu et on profite simplement du soleil, et de l'odeur des arbres...J'adore ce parc...Très grand, très calme..très classe...Et là surprise!

OH MON DIEU! Un japonais en VTT...Heureusement le touriste n'a jamais son appareil photo bien loin et hop, voilà l'image immortalisée, spécialement pour Papa! (ça me manque de le voir rentrer tout boueux après ses randonnées du week-end quelque part, mais bon! on a aussi des vtt ici, ça me rappelle la maison!)
Une simple petit journée, une simple petite impression, un bon petit moment...A ranger dans la catégorie petits plaisirs et bon souvenirs, pas aussi incroyables que cette journée du 22 octobre que je raconterai plus tard, mais quand meme...Les jours de soleil à Kyôto....
(prochain épisode: condensé d'histoire japonais pour briller en bonne compagnie)

mercredi 7 octobre 2009

台風?!(Taifû?!)

5 Octobre: premier jour d'orientation à l'université de Kyoto (kyodai pour les intimes)...Explication sur un peu tout et sur les annulations de cours "oui, si jamais les cours sont annulés à cause d'un typhon, on vous préviendra"...réaction dans la classe "pfff c'est le genre de truc qui n'arrive jamais"

Aujourd'hui, premier jour de cours, Mr Uemura, le coordinateur arrive au début "demain, pas de cours à cause du typhon" OO c'est dans ce genre de moments qu'on se dit "ba faut bien que tous les pays aient un défaut..." Je cherchais mentalement le bouton de sauvegarde de ma vie, mais on ne m'en a pas encore fourni un...Dommage!

Mais je me faisais la remarque qu'il pleuvait quand même beaucoup en ce moment...Ba c'est le typhon qui approche, en ce moment sur Tokyo, il arrive chez nous demain ou vendredi, préparons-nous à l'acceuillir comme il faut. Mais rassurez-vous, j'ai eu le rappel des précautions d'usage par mon tuteur japonais, je ne m'envolerai pas! Mais je profiterai d'un jour de repos, bien au chaud chez moi...qui a dit que les catastrophes naturelles n'amenaient que du mauvais? =p

mardi 6 octobre 2009

Les fous du volant!

Le Japon est un pays sur. Meme les routes sont sures. Bien que conduisant à gauche, tout le monde respectant les réglementations, on se fait très vite à tout et on se sent bien plus en sécurité en tant que piéton que dans les rues parisiennes (bon évidemment, ce n'est pas très difficile).

Un fait assez amusant: dans les auto-écoles japonaises, il y a tout un cours de conduite pour apprendre à dire merci au volant: agiter la main ni trop pour ne pas se taper le fenetre conducteur, ni trop peu pour que ce soit visible. Et bien sur apprendre à cadrer l'angle lorsqu'on s'incline pour éviter de se taper la tete contre le volant. Si ça c'est pas de la courtoisie au volant...Je ne sais pas ce que c'est.
Bref ici, les gens respectent les feux, les sens interdits, les stationnements gênants et tout ça...Mais...C'est trop calme et je prefère quand c'est un petit peu plus moins calme. Donc nous allons changer d'optique. Les routes sont sures, mais qu'en est-il...des trottoirs?

Les trottoirs...c'est le foutoir! Moitié peuplé de piétons, et moitié de vélos, qui slaloment entre les piétons, les arrets de bus et les vélos stationnés devant les combinis. Les japonais sur des bicyclettes sont plus qu'impressionnants...Comment peuvent-ils continuer à aller droit en ayant le portable dans une main, et la parapluie dans l'autre...impressionnants je vous dis... Bref, au prix des transports en commun, le vélo est un outil indispensable pour tous ceux qui veulent se déplacer. Alors pédalons les enfants, on économise de l'argent et des émissions d gaz à effet de serre...Même quand il pleut, qu'il neige ou qu'il fait nuit (à 18h u_u).

Enfin tout ça pour dire, circuler à Kyoto c'est calme et sécurisant. Ca ne va pas du tout, il est temps de pimenter un peu tout ça! Alors...roulement de tambour...je me mets au vélo. AHAHAHAHAHA si avec ça ils se sentent en sécurité..Moi non en tout cas XD Je n'aime pas slalomer dans les groupes de lycéens, ou passer les grands carrefours blindés de gens. Mais qu'est-ce que c'est pratique quand meme! On traverse la ville d'est en ouest en une heure et des poussières (et en quelques calories dépensées en plus). Les endroits pour garer les vélos sont nombreux (oui dans les sanctuaires on peut aussi parfaitement!) et puis, on faitplus couleur locale.
Seule bémol pour le moment: la montée de la mort devant chez moi...en montée comme en descente, c'est l'ennemi du cycliste u_u

Mais bon....Première plaie du Japon: Eléonore qui fait du vélo! Sur les trottoirs! Sans raler! Tout arrive...Quand je vous dis que ce pays a un effet bizarre sur les gens...

jeudi 1 octobre 2009

BOUFFE!....euuu...petit apperçu de l'art culinaire japonais!

Note préliminaire: il suffit de cliquer sur les photos pour les voir en entier, je ne sais pas pourquoi Blogger s'acharne à les tronquer de la sorte

Alors...La cuisine Japonaise en France c'est ça:
Au Japon...pour le même prix...on est plus proche de ça:
Et oui...Bienvenue dans un pays où la nourriture est bonne...et pas chère! Contrairement à où en France il faut compte plus de 10 euros pour un restaurent (et encore), ici, ce sera du 4 ou 5 euros pour biiieeen manger (vive les kaiten sushis, ces restaurants avec des sushis sur un tapis roulant ^^)
Yeh! Sciences-po en force! (Sur la photo, donc moi, à côté de moi Laura, et en face Mai Khanh..Julia prenait la photo naturellement)..Donc le Kappa Sushi de Sanjô (une chaîne de restaurant), plein de bons trucs, dont le sushi à la crevette frite (humm....) et celui à l'aubergine saumurée! yeah! (mon préféré) avec thé à volonté! miam
Car oui, dans les restaurants au Japon, évidemment pas de couverts (seule exception, les restaurants de curry qu'on va manger à la cuillère), et pas d'eau! Ici, vous aurez du thé, froid ou chaud, vert ou noir, mais principalement du thé vert, appelé Sencha.

Tant qu'on est à parler du thé, on va pouvoir parler des deux autres grands types de thé au Japon. TOut d'abord, le Gyokuro, un thé vert de luxe, sous forme de feuilles (il doit son gout et son prix à une méthode très particulière de récolte que j'ai oublié au moment ou j'écris), à l'amertume très appréciable. Bref, un grand cru du thé. Mais attention y a mieux! Le Macha! (kit kat au macha...véridique)
Le macha est donc le thé vert en poudre servi dans les cérémonies du thé avec des supers petits gâteaux (dont certains recouverts de paillettes d'or! j'ai mangé de l'or \o/)...mais naturellement y a des dérives, notament le kit kat au macha, les gâteaux au macha, le macha du starbucks, la glace hagen dazs macha...Moralité: c'est le gout du Japon (vraiment), l'arome vraiment typique dans tous les desserts, sodas ou autres, le symbole du Japon...l'arôme macha (qui a pas tout à fait le gout du vrai Macha mais passons...) Voilà un exemple de dérive:

Un gâteau de cérémonie tout beau, avec le superbe macha latte du starbucks...humm...bref...c'est mal d'avoit fait ça Julia è_é surtout quand on pouvait boire du chocolat blanc chaud!
et ça c'était le gâteau que moi j'ai mangé ^^ (oui c'étaient encore des gâteaux d'été, d'où la forme et les couleurs, ceux de cette saison sont encore différents).
Après...si vous voulez voir une VRAIE cérémonie du thé...j'ai aussi les photos naturellement XD
.............................
là tout de suite vrai macha servi par des maikos, c'est plus la même catégorie...Mais la satisfaction qu'on en ressort n'est pas la même (même si les kit kat étaient bons...voilà quoi...là on peut pas lutter).
Donc voilà pour le thé...(précisons que l'art du thé fait partie des arts traditonnels dans lesquels maiko et geiko (leur "évolution") doivent exceller).

Bon revenons à nos moutons...Est-ce qu'on ne mange que des sushis tout le temps au Japon alors? Grands dieux, non! Je vais faire un petit tour de vue, en faisant plusieurs catégories: la nourriture de combini (ces petits magasins ouverts h24), ce qu'on cuisine \o/ (souvent lamentable mais..) et les trucs des petits restaurants!

Alors dans les combini, faut que je vous parle de trois trucs (hop là, amorce, annonce de plan discrètement ^^"): onigiri, manjû, et amandes de meiji!
Alors les onigiri...des petites boulettes de riz farcies à différentes choses et enroulée dans une feuille d'algue. Illustration: sacré rayon n'est-ce pas...les garnitures vont de algues, à soja fermenté en passant par steak fromage...
Bref, boulettes de riz quoi...
Ensuite, le manjû (manjuuuuuuuuuuuuuuuu) est un dérivé de la cuisine chinoise, une sorte de brioche fourrée soit à la viande, soit à la pâte de haricots rouges si on le prend en dessert. Une fois de plus, illustration!

Alors la première est une image de nikuman, manju à la viande, et la seconde un kareman, manju au curry après que j'ai croqué dedans! miam miam!
Et donc pour finir les amandes de meiji. Il faut d'abord savoir que tout ce qui est chocolaté au Japon...c'est pas trop ça. Avec des slogans du gene "c'est moins sucré, donc ça a meilleur gout"...NON c'est faux faux archi faux >_<
mouais, bon...elles étaient bonnes, mais ça faisait un peu "udon du pauvre" (chou, carottes, champignons japonais, soja et les nouilles...frugal ^^)
Sinon on a fait des gyozas, des sortes de petits raviolis chinois poélés (bon aussi) et du nikujaga, un plat...bon je vais expliquer avec la recette selon Julia XD
"tu mets des oignons, la blinde d'oignons, et des patates, mais moins que les oignons, parce que les oignons c'est meilleur. On laisse réduire, on verse la blinde de sauce soja, et surtout la blinde de sucre! Faut pas avoir peur! On laisse compoter, on met la viande, on rajoute du sucre s'il y en a pas assez, et on laisse réduire"
et c'est trop bon! (le potiron sauce soja, sucre était bon aussi d'ailleurs MIAM, et les petits pois gourmands c'est bon aussi...)

Enfin les trucs des petits resaurants..hum par où commencer?
Voyons d'abord, les takoyaki, spécialité d'Osaka (une ville vraiment pas loin) et qui s'est étendue à tout le Kansai, dont Kyôto nécessairement.
Des petites boulettes de pâte avec du poulpe dedans...C'est super bon, et on peut s'acheter les machines pour les faire très facilement (je préviens que vous soyez pas surpris quand j'en ramène une et que je vous en fasse manger ^^)Et oui, ils sont bel et bien recouverts de mayonnaise! Qui a prétendu que la nourriture japonaise était saine hein?

Cran au dessus du takoyaki, l'okonomiyaki...Attention les yeux, c'est dense!
De la pâte, beaucoup de chou chinois, un peu de tout, de l'espèce de sauce barbecue, encore de la pate, encore de la sauce, de la mayo, et de la bonite séchée au dessu une fois que c'est cuit. Bon apétit XD (mais c'est super super bon!)
Sinon, on trouve aussi du donburi, appelation générale pour ce qui est "sur du riz", notament gyudon, de la viande de boeuf cuite avec des oignons en fines lamelles servie sur du riz..simple mais efficace.

Allez pour finir cette page je vous laisse méditer sur un restaurant du quartier commercant de Kyôto: le restaurant labyrinthe ninja (non aucun mot n'est de trop) où tous les serveurs sont déguisés en ninja et où les plats font tous référence à des éléments culturels japonais (on veut tous la glace bonsai n'est-ce pas?) ou alors manger des rouleaux ninja? Mais ce que j'ai préféré...ce sont les crêpes ninja! Laura et moi en pleine dégustation attention!

Technoque secrète de la crêpe! (elles sont bonnes en plus)..ah et si vous êtes attentifs, vous remarquerez sur cette photo que je me suis fait couper les cheveux au passage...
Bref, plus d'informations top secrètes sur le restaurant ninja quand on aura pris le temps d'aller y manger autre chose qu'une crêpe ninja!

dimanche 13 septembre 2009

Le 13 septembre, (encore) une rencontre avec le Japon des traditions

Alors oui, le Japon est une terre de contrastes. J'ai donné ce titre de blog comme une petit moquerie à ces articles sur le Japon "pays entre modernité et tradition", parce que cette phrase ne veut simplement rien dire! Le fait que Notre-Dame-de-Paris soit éclairée par des néons, ça veut pas dire que la France est dans le même cas? Ou alors voir les portraits de dirigeants communistes sur des anciens palais, c'est pas aussi un exemple? Si...Tout pays est coincé entre sa culture ancestrale, et une marche en avant (enfin, au moins une marche quelque part n'est-ce pas?), tout pays est moderne et traditionnel en même temps. La question c'est: comment construire sa modernité? Et comment conserver sa tradition? Intouchée, ou en évolution avec la société? Est-ce que faire du théatre moderne était une trahison de l'esprit de Molière? Est-ce que écrire en français était une trahison de la glorieuse tradition latine des lettrés? Bref, cette phrase est..terriblement fausse ou tout du moins vide de sens.

Mais pourtant...Pourtant, on la vit, on la sent, on la consomme, on l'intègre et ainsi de suite, l'utilisant comme un prisme déformant pour une classification artificielle: ça c'est traditionnel, ça moderne. (soit dit en passant, une telle classification peut donne lieu à un classement à points dit "de pureté japonisante" qu'il est dur de maintenir dans le positif quand comme moi, vous pensez que "cerisiers en fleurs" est bien plus joli quand ça rime avec "namco tower", une super salle d'arcade...bref, je vis jeux vidéos et j'assume totalement). Toujours est-il que aujourd'hui, j'aurai vu les deux.

On commence tranquillement la journée, en allant dans le plus vieux centre d'arts martiaux du Japon (donc autant dire du monde, n'est-ce pas ^^) à deux pas de chez nous, voir un peu d'aikido, et une compétition de kyudo (tir à l'arc japonais). Réaction typique de moi: "han je veux en faire"...affaire à suivre, je dirai! Puis, en avant vers le musée d'arts traditionnels de Kyôto (ba ouais, capitale centenaire et tout ça, autant montrer qu'on fait tout mieux que tout le monde). Force est de constater que la tradition japonaise est faite de minutie, de patience et d'exactitude, quand le moindre artisanat devient un art, une école de pensée et peut-être plus encore. Après tout, l'introduction de l'encens pendant la cérémonie du thé a bien mené vers la création d'une cérémonie de l'encens (si on peut meme pas manger de petits gâteaux, moi je dis ça sert à rien!). Le plus impressionnant restera selon moi l'art du tissage et les magnifiques étoffes de kimono que les artisans tisserands sont capables de produire, ne serait-ce que pour habiller des petites poupées qui ne seront exposées que une seule fois dans l'année. Mais ne serait-ce que pour ça, de véritables chefs d'oeuvre voient le jour. A l'inverse, les bols de cérémonie du thé sembleront pour l'observateur occidental comme des "bols tout cabossés"...ce qu'ils sont, mais ce qui est aussi leur qualité. Bref, changement de référentiel et d'ordre de valeur, on doit supposer que si c'est dans un musée, c'est pour une bonne raison (c'est vrai, je suis notamment incapable de différencier une belle calligraphie d'une calligraphie médiocre!). Mais, aujourd'hui, nous n'étions pas venus uniquement pour profiter des collections du musée. Non aujourd'hui, nous étions là pour venir voir danser des Maiko.

Késako? Les Maiko, ce sont des geisha en apprentissage, les vêtements et le maquillage ne sont pas les mêmes. Il est très rare d'appercevoir des geisha, alors que les Maiko se montrent plus facilement de façon à se faire repérer par un patron et pouvoir devenir geisha (c'est un système assez particulier que je suis pas certaine d'avoir totalement saisi, je reviendrai dessus quand j'en saurai plus). De cette expérience, je tirerai des plus et des moins.
Les moins...je hais le son des flûtes japonaises! je veux dire, au sein d'une musique c'est assez harmonieux et tout ça, mais moi la seule chose que ça me rappelle c'est "on ne peut pas dormir pendant 2001, odysée de l'espace" (ou comment un film aura marqué mes goûts musicaux à vie XD) alors forcément pensant à ça, on finit par penser au début de 2001, puis au fameux "dans l'ordinateur..." et là on se retrouve à se retenir de rire (ceci était un exemple de cheminement de ma pensée, féliciations à ceux qui auront suivi). Donc un petit bémol.
Deuxième gros bémol..le seiza tue! Alors le seiza, c'est la "bonne position assise"(véridique, ça veut dire assise correcte en japonais), super classe, utile dans toutes les activités japonaises, alors on se met en seiza...ça fait mieux. voilà la posture du seiza,à genoux, les fesses posées sur les pieds, à essayer à la maison avec quelqu'un pour aider à se relever de préférence! Par contre, ça oblige à se tenir droit c'est bien mieux que avachi par terre, c'est sur...Mais par contre, c'est plus douloureux! Mais on ne le fait pas sentir, on prend sur soi (gamon suru en japonais) et on fait comme si de rien était, on sent plus ses jambes mais c'est pas grave, elles ne peuvent pas se décrocher de toute façon. Et on tient comme ça l'air de rien. Et là, 30 minutes plus tard, c'est le drame va falloir se relever. Et quand je dis qu'on ne sent plus ses jambes, on ne sent plus rien en dessous du genou...donc mieux vaut regarder ses pieds pour etre sur qu'on touche le sol. On dépasse largement le stade des fourmis...c'est juste...on sent plus rien. Donc on essaie de se relever et là bam! on se rend compte que les gambettes, elles ont pas envie de nous soutenir après ça! et boum on perd l'équilibre (heureusement que Laura était devant moi, sinon je tombais comme une merde XD). Donc on se redresse, on prend sur soi, et on fait comme si de rien était "ouah c'était super agréable, dis donc..non non même pas mal aux jambes, attends tu crois quoi" Et à chaque fois qu'on pose le pied par terre, décharge de fourmis...Bref, sensation intéressante mais...j'espère qu'on s'y fait à la longue. Moralité de l'histoire: le seiza, c'est la classe, mais se relever d'un seiza, ça l'est beaucoup moins XD

Dans les plus...oulah, ba déjà voir des maiko, c'est un énorme plus en soi. Une tit photo pour illustrer mes propos:

Des kimons comme on rêverait d'en porter (et de pouvoir se les payer), une ceinture nouée avec grace, un maquillage et une coiffure parfaite, une façon de parler juste magnifique, une grace et une féminité sublimée et conceptualisée..bref...ouah! La danse japonaise est très éloignée de nos standards, mais elle transcende, elle passe des expressions non pas de façon réaliste, mais par des sensations. Ca plus une belle musique et des chansons, et c'est un instant magique...De voir ces femmes surpasser leur condition et devenir "la femme" comme un concept, une idée, une sensation à un moment dans un monde flottant autour. (décidément la relation avec le temps au Japon est quelque chose de fortement malmenée!). Alors oui, c'est dans un musée, c'est un truc à touristes, mais ce qu'elles font passer, c'est quelque chose qui te transperce et qui te fait te sentir unique et dans un moment unique, un transport ici et ailleurs... Expérience magnifique, renouvelable toutes les semaines ^^ je sens que ce musée va devenir une annexe de la maison, comme le dojo d'arts martiaux dont je parlais plus haut.

Ensuite on sort de l'enchantement pour des détails beaucoup plus terre à terre: Laura a froid la nuit et n'a pas de couette. Alors on se perd dans la rue moderne pleine de panneaux lumineux, dans les flots de gens qui sortent des magasins, au milieu des salles d'arcade, des bars à karaoke, on va dans les magasins, on trouve une couette, on paie, on ressort, on se dirige vers le bus pour rentrer chez nous, et là au mileu des jeunes japonaises aux tenues si particulières et des employés pressés de rentrer, on voit passer une femme portant kimono, et cheveux relevés, et on sourit. Parce que autant les uns que les autres font la complexité du Japon, sa beauté aussi, sa richesse, et dans tous les cas son identité, et que, pour le meilleur comme pour le pire, j'y suis pendant un an...